Les grandes pluies d’étoiles filantes reviennent chaque année aux mêmes dates : Quadrantides début janvier, Lyrides fin avril, Perséides mi-août, Orionides fin octobre, Léonides mi-novembre et Géminides mi-décembre, la plus riche de l’année. Pour les voir, visez la nuit du pic, après minuit, loin des lumières.
Une étoile filante n’a rien d’une étoile : c’est un grain de poussière venu de l’espace qui se consume en entrant dans l’atmosphère, à plusieurs dizaines de kilomètres par seconde. Certaines nuits, la Terre traverse des nuées entières de ces grains : c’est une pluie d’étoiles filantes. Voici le calendrier de l’année et la bonne façon d’en profiter.
Étoile filante, météore, météorite : de quoi parle-t-on ?
Le grain de poussière qui voyage dans l’espace est un météoroïde. La traînée lumineuse qu’il produit en brûlant dans le ciel est un météore, que tout le monde appelle étoile filante. S’il est assez gros pour survivre à la traversée de l’atmosphère et atteindre le sol, le morceau ramassé devient une météorite. Nous détaillons ces nuances dans notre article sur la différence entre météorite, météore et météoroïde.
Le calendrier des pluies d’étoiles filantes
| Pluie | Période d’activité | Pic | Taux maximal (par heure) | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Quadrantides | 28 décembre – 12 janvier | 3 – 4 janvier | jusqu’à 110 | astéroïde 2003 EH1 |
| Lyrides | 14 – 30 avril | 22 – 23 avril | environ 18 | comète Thatcher |
| Êta Aquarides | 19 avril – 28 mai | 5 – 6 mai | environ 50 (peu visibles depuis la France) | comète de Halley |
| Perséides | 17 juillet – 24 août | 12 – 13 août | environ 100 | comète Swift-Tuttle |
| Draconides | 6 – 10 octobre | 8 – 9 octobre | variable, souvent une dizaine | comète Giacobini-Zinner |
| Orionides | 2 octobre – 7 novembre | 21 – 22 octobre | environ 20 | comète de Halley |
| Léonides | 6 – 30 novembre | 17 – 18 novembre | environ 15 | comète Tempel-Tuttle |
| Géminides | 4 – 17 décembre | 13 – 14 décembre | jusqu’à 150 | astéroïde (3200) Phaéton |
| Ursides | 17 – 26 décembre | 22 décembre | environ 10 | comète Tuttle |
Le taux indiqué est un maximum théorique, calculé pour un ciel parfaitement noir avec le point d’origine de la pluie au zénith. Depuis un jardin ou une campagne de France, on en voit en pratique deux à quatre fois moins. La date exacte du pic peut aussi glisser d’un jour selon les années : l’Organisation internationale des météores (IMO) publie chaque année son calendrier détaillé.
Les trois rendez-vous à ne pas manquer
Les Perséides, en août
Les plus célèbres, parce qu’elles tombent en plein été : nuits douces, vacances, ciel de campagne. Rapides (près de 60 km/s), elles laissent souvent des traînées persistantes. On les appelle aussi « larmes de saint Laurent », fêté le 10 août.
Les Géminides, en décembre
La pluie la plus riche de l’année, et la plus régulière. Ses météores sont plus lents (35 km/s), donc faciles à suivre, et souvent colorés. Particularité : elle ne vient pas d’une comète mais d’un astéroïde, Phaéton. Nous lui consacrons un article complet : les Géminides, quand et comment les observer.
Les Quadrantides, en janvier
Un pic intense mais bref, de quelques heures seulement, et un froid souvent mordant. Pour les amateurs motivés, c’est l’une des trois pluies les plus fournies de l’année.
Comment bien observer les étoiles filantes
- Fuyez la lumière : quelques kilomètres hors d’une ville suffisent à multiplier le nombre d’étoiles filantes visibles.
- Pas de télescope ni de jumelles : leur champ est bien trop étroit. Vos yeux sont le meilleur instrument.
- Laissez vos yeux s’habituer : il faut 20 à 30 minutes d’obscurité. Évitez l’écran du téléphone, ou passez-le en lumière rouge.
- Allongez-vous sur un transat ou une couverture, et regardez une large portion de ciel, pas forcément la constellation qui donne son nom à la pluie.
- Visez la seconde partie de la nuit : après minuit, la face de la Terre où vous vous trouvez « avance » dans le courant de poussières, et le taux augmente.
- Surveillez la Lune : une pleine Lune proche du pic efface les météores les plus faibles.
Pour la photo, un appareil sur trépied, un objectif grand-angle et des poses de 15 à 25 secondes en rafale suffisent. La patience fait le reste.
D’où viennent les étoiles filantes ?
Les comètes, en s’approchant du Soleil, perdent de la poussière le long de leur orbite. Ces grains, souvent plus petits qu’un grain de sable, forment un courant qui persiste des siècles. Chaque année, à la même date, la Terre traverse ce courant : les grains entrent dans l’atmosphère entre 11 et 72 km/s et se vaporisent vers 80 à 120 km d’altitude. Comme ils arrivent tous dans la même direction, leurs traînées semblent jaillir d’un même point du ciel, le radiant, qui donne son nom à la pluie.
Une étoile filante peut-elle tomber sur Terre ?
Pas celles des pluies d’étoiles filantes : aucune météorite n’a jamais été retrouvée après l’une d’elles. Les grains cométaires sont trop petits et trop fragiles, ils disparaissent entièrement en altitude. Les météorites que l’on ramasse viennent d’objets beaucoup plus gros, des fragments d’astéroïdes, qui arrivent à n’importe quelle date et produisent des bolides, parfois spectaculaires, comme celui de Tcheliabinsk en 2013.
Vous rêvez de tenir un morceau d’espace après une nuit d’observation ? Un fragment de météorite authentique en écrin est un joli prolongement, et une belle idée de cadeau pour un amateur de ciel.
Questions fréquentes
Quelle est la plus belle pluie d’étoiles filantes de l’année ?
Les Géminides, mi-décembre, sont les plus abondantes (jusqu’à 150 météores par heure en théorie). Les Perséides d’août restent les plus populaires, grâce aux nuits d’été.
À quelle heure voit-on le plus d’étoiles filantes ?
Dans la seconde partie de la nuit, après minuit et jusqu’à l’aube. Les Géminides font exception : elles sont déjà bien visibles dès 22 heures.
Faut-il un télescope pour voir des étoiles filantes ?
Non. Le champ d’un télescope ou de jumelles est trop étroit. Il suffit d’un ciel sombre, d’un peu de patience et d’yeux habitués à l’obscurité.
Pourquoi les pluies d’étoiles filantes reviennent-elles aux mêmes dates ?
Parce que la Terre croise chaque année, au même point de son orbite, le courant de poussières laissé par une comète ou un astéroïde.
Image d'en-tête : NASA/Bill Ingalls





